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Une parenthèse pour écrire

Où les cartes vont...

A partir de cartes postales étalées sur la table, chacun choisit celles qui vont lui convenir pour s’évader seul(e) ou accompagné(e)…       

Deux thèmes au choix :           

« Voyager c’est s’ouvrir les portes vers la culture »

Ou

« A la rencontre de mes horizons ».

 

Suzanne avait 12 mois devant elle, elle ne savait pas où partir, mais partir était la seule issue. Alors, elle sortit de sa valise en carton, toutes ses cartes postales qu’elle gardait précieusement depuis son adolescence.

Elle les déposa sur la table, en choisit 3, les retourna, les mélangea et laissa sa main et non sa tête choisir sa future destination.

Elle retourna la carte, 9 photos et en son centre SOUVENIRS D’HYDRA.

Le destin avait bien fait les choses. Hydra, l'ile de Leonard Cohen, l'ile où dans les années 60 tout était permis. Leonard Cohen qui avait si bien chanté son prénom. " Maintenant tu n'as plus peur de voyager les yeux fermés, une flamme brule dans ton cœur" disait le refrain.

L'univers venait de lui envoyer le signe qu'elle attendait depuis sa sortie d’hôpital. Depuis ce fameux RDV qui devait être heureux mais qui s'était transformé en ultimatum. Elle détestait les ultimatums d'ailleurs mais celui-ci, elle ne le prit pas à la légère. Il avait fallu ingurgiter, mastiquer et digérer cette information. Elle avait fini de digérer, il était temps d'agir.

Vivre ses derniers moments dans cet endroit féerique en marchant dans les pas de tous ses jeunes qui cherchait le paradis. Elle était petite à l'époque pour prendre la route, mais de déroute en déroute le moment était venu.

Elle vendit sa maison, s'acheta un van, traversa l’Italie, et de ferry en ferry arriva à Hydra. Leonard Cohen chantait Hallelujah. Elle prenait son destin en main,12 mois paraissait plus long qu'un an, pour réaliser ses dernières volontés. Elle n'avait dit aurevoir à personne, pas envie d’expliquer, pas la force de se justifier.

Dans la chaleur de cette ile grecque, maisons blanches, ciel et mer bleu, ruelles escarpées, elle vivrait intensément.

L'attendait tant de collines à gravir, tant de bains de mer à prendre, tant de soleil réchauffant son cœur, tant de carnets à remplir.

Elle se posera, se déposera, se reposera et advienne que pourra.

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