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Une parenthèse pour écrire

Où les cartes vont...

A partir de cartes postales étalées sur la table, chacun choisit celles qui vont lui convenir pour s’évader seul(e) ou accompagné(e)…       

Deux thèmes au choix :           

« Voyager c’est s’ouvrir les portes vers la culture »

Ou

« A la rencontre de mes horizons ».

 

« Voyager c’est s’ouvrir les portes vers la culture… »

Mon regard est attiré par ces deux visages que le temps a habillés, modifiés et qui ont tant à raconter. La carte postale a pour légende « un certain regard », que dire de plus….
Lors de mon dernier voyage, j’ai eu la plus grande joie de découvrir une culture pour laquelle mon ignorance avait déclenché en moi incompréhension et aprioris.
Nous voici tout un groupe, en ce jeudi matin de novembre, prêt à partir à la découverte d’un village berbère. Il fait froid, le vent s’accroche à nos visages, il mord nos joues et humidifie nos yeux.
Nous marchons derrière notre guide, tels des pénitents. Les consignes sont strictes, on ne pénètre pas sur leur territoire sans un accompagnateur habitant les lieux. Il faudra le suivre et respecter les coutumes.
Alors que nous tapons le chemin de nos chaussures de marche, histoire de nous réchauffer un peu, voilà qu’il apparaît. Derrière lui, tout en haut, un village troglodyte. Le soleil à peine levé joue à cache-cache avec ces habitations insolites. Il est immense, revêtu d’un long manteau épais à capuche, on distingue à peine son visage. Il nous salue et donne le départ. Le chemin est rude, caillouteux, le vent a redoublé d’intensité rendant la progression difficile. Le silence règne, nous marchons éblouis par la beauté des lieux.
Première pause, il désigne le muret, nous prenons place. Il raconte la vie des berbères, qu’ils n’ont pas eu d’eau depuis huit ans et qu’ils s’éclairent toujours à la bougie. Quelqu’un du groupe se hasarde à poser une question, ce sera la seule… « comment faites-vous pour vivre dans ces conditions ? ». La réponse est rapide, la voix forte et posée : « pour être heureux, nous avons besoin d’un dromadaire, d’un âne et d’une femme ».
Il se lève, nous repartons, il n’y aura pas d’autre halte. Nos pieds glissent sur les pierres, l’air se raréfie, mais nous nous sentons attirés par ce village. Il nous prend dans ses bras. Arrivés en haut, la vue sur le désert est à couper le souffle. En un instant nous embrassons cette culture, nous ne sommes pas dans le village, nous sommes le village berbère. Après quelques photos nous devons redescendre. Deux mots : « c’est l’heure ! ». Nous nous alignons derrière lui et mettons nos pas dans les siens. Il nous dirige, tantôt à droite, tantôt à gauche, tel un troupeau qu’il guiderait pour éviter qu’il ne se perde.
En bas nous retrouvons le car et la vie touristique. Je ne peux m’empêcher de regarder une dernière fois ce visage, que le temps a marqué. J’ose demander si une photo est possible ? Ce sera avec mon mari, ainsi en a t’il décidé.
Merci sera le dernier mot échangé, et déjà sur le chemin il est en train de remonter….
 

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